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Kira : 1,9 million d'euros, et le silence des justificatifs

Vendredi les documents vont encore parler

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Pendant plusieurs semaines, mon enquête vous a emmenés au cœur de ce qu'il faut désormais appeler " l'affaire Kira."

Vous avez vu naître un hôpital devenu une référence régionale.
Vous avez vu apparaître les premiers appétits.

Puis est venu le 1er avril 2022.
Un coup de force.
Le directeur général est arrêté.
Sans mandat.
Conduit dans les locaux du Service national de renseignement, où il sera torturé.
Les actionnaires majoritaires suisses quittent le Burundi.
Un notaire légalise la signature de sa démission alors qu'il est détenu au secret et n'a donné mandat à personne. Acte complètement illégal.
Une nouvelle direction prend les commandes de l'hôpital.

La question est simple.
Que fera-t-elle de Kira ?

Cette équipe hérite d'un atout considérable : un financement européen pouvant atteindre 1,9 million d'euros, accordé par DEG Impulse, filiale de la banque publique allemande KfW, pour renforcer la lutte contre le Covid-19.

À peine un an plus tard, les auditeurs allemands découvrent plus d'un milliard et demi de francs burundais classés en « sorties des fonds à justifier ».

Sauf que les justificatifs ne viennent pas.
Le bailleur allemand, après audit, coupe le financement.

On a évincé le directeur général au nom de la mauvaise gestion.
On a pris le contrôle d'un hôpital par la force.
Et c'est cette équipe-là qui n'a pas su justifier l'argent.

Derrière Kira, il y a des crimes économiques.
Et derrière ces crimes, un mal profond pour le pays.

Comme toujours, les documents vont parler ce vendredi.

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