Le premier volet de mon enquête sur l’affaire Kira Hospital a suscité un intérêt que je n’attendais pas à cette échelle.
Vous avez été des centaines à prendre un abonnement payant. Un acte de confiance, mais aussi — j’ose le dire — un acte citoyen. Soutenir un journalisme indépendant et documenté, c’est choisir la profondeur contre la vitesse. Je vous en remercie sincèrement.
Un constat s’impose, après ce premier volet : l’affaire Kira a cessé d’être un problème intérieur.
Ce que Gitega a longtemps traité comme une affaire intérieure est désormais sur le radar de Stockholm, de Bruxelles, et potentiellement du tribunal arbitral de la Banque mondiale.
Pour rappel, le Dr Christophe Sahabo, promoteur de Kira Hospital, est incarcéré depuis avril 2022 à la prison de Ruyigi — malade, présumé innocent. Observateurs, juristes et associations de défense des droits de l’homme sont unanimes : il n’a pas eu de procès équitable.
L’affaire dépasse le sort d’un homme. Des investisseurs étrangers — suisses, allemands, britanniques — détiennent, figurez-vous, 57 % du capital de l’hôpital. Ils menacent de saisir le CIRDI, le tribunal arbitral de la Banque mondiale. Une sentence du CIRDI s’exécute sans procédure dans les 157 États signataires de la Convention de Washington. Des biens appartenant à l’État burundais pourraient être saisis n’importe où dans le monde.
L’affaire semble s’accélérer.
Le 23 avril 2026, le député suédois Olle Thorell a formellement interpellé la ministre des Affaires étrangères au Riksdag sur le sort de Sahabo — citoyen suédois dont l’état de santé, selon Amnesty International, serait devenu grave, potentiellement mortel.

J’ai obtenu un entretien exclusif avec lui — une première avec un journaliste burundais. Ce qu’il m’a dit va au-delà de Stockholm : « Je crois que toutes les voies appropriées devraient être envisagées. » Traduction : l’Union européenne, l’Accord de Samoa, et ses clauses sur l’État de droit — pourraient être le prochain terrain.
Alors que le président Ndayishimiye, candidat naturel pour le septennat 2027, a fait de l’économie son cheval de bataille, l’affaire Kira risque de compromettre sérieusement ses efforts. Un député européen, interrogé à Bruxelles, résume l’enjeu : « L’affaire Kira sera un boulet pour le prochain septennat du président burundais. Les dommages collatéraux seront catastrophiques. »
Ces enjeux méritent des réponses documentées, pas des spéculations. C’est le sens de ce travail — et l’objectif des Carnets : aller au-delà de l’actualité quotidienne. Aux origines. Aux documents. Aux faits.
Vendredi, je publie le volet II : Kira, l’âge d’or.
Avant le coup de force, avant l’arrestation, avant la prison — il y a eu un rêve. Un médecin burundais. Un entrepreneur européen. Un terrain offert par la SOCABU, une compagnie burundaise d’assurances. Et l’ambition de bâtir, au lendemain d’une longue guerre civile, un hôpital moderne de référence.
Vendredi, je raconte les origines : les fondateurs, les actionnaires, les capitaux, les ambitions. L’âge d’or — avant que tout cède.
Si vous n’avez pas encore lu le volet I, c’est par ici :
https://www.antoinekaburahe.com/laffaire-kira-a-cesse-detre-un-probleme-interieur/
Pour s'abonner depuis le Burundi, envoyez un message whatsApp au numéro
+257 61 56 12 12
Rendez-vous vendredi.