L’interview accordée par Évariste Ndayishimiye à Jeune Afrique marque probablement un tournant dans le positionnement régional du Burundi.
Trois éléments ressortent clairement des déclarations du président burundais : Bujumbura assume désormais publiquement sa présence militaire dans l’est de la RDC ; cette présence semble appelée à durer ; et l’alliance sécuritaire entre Kinshasa et Gitega paraît aujourd’hui plus profonde que jamais.
Pendant longtemps, les autorités burundaises ont entretenu une certaine ambiguïté sur l’ampleur exacte de leur engagement militaire en RDC. Cette prudence semble désormais révolue.
Le changement est d’autant plus frappant qu’il y a pas encore longtemps, la question de la présence militaire burundaise en RDC relevait presque du tabou.
Les autorités communiquaient très peu sur le sujet et les médias burundais étaient fortement dissuadés d’aborder publiquement cette question sensible. À l’époque, Iwacu avait même été contraint de dépublier un article évoquant la présence de militaires burundais sur le territoire congolais.
Aujourd’hui, le contraste est saisissant. Dans son entretien à Jeune Afrique, Évariste Ndayishimiye assume ouvertement non seulement la présence de troupes burundaises en RDC, mais aussi leur rôle stratégique aux côtés des FARDC.
Pour Kigali, cette évolution change profondément la perception du Burundi.