Cher lecteur,
Vous lisez ces Carnets depuis quelque temps, et je vous en remercie.
Il existe aujourd'hui une étrange course dans le monde de l'information. Il faut être le premier. Le plus rapide. Le plus partagé. Un article naît le matin, fait le tour des réseaux dans la journée et disparaît le soir, remplacé par une autre urgence.
Je n'ai jamais cru à ce journalisme-là.
Je crois au temps long.
Je crois aux enquêtes qui se construisent patiemment, parfois pendant des semaines ou des mois. À ces dossiers qui remontent le fil des événements, confrontent les témoignages, croisent les documents et refusent les explications faciles.
Je crois à un journalisme qui ne se contente pas de raconter ce qui s'est passé, mais qui cherche à comprendre pourquoi cela s'est passé.
C'est l'esprit dans lequel j'écris ces Carnets.
L'Affaire Kira en est un exemple. Derrière le destin tragique d'un médecin ou d'un hôpital se cachent des questions plus vastes : la justice, le pouvoir, l'investissement, la place du droit dans notre pays. Pour comprendre, il faut du temps. Il faut des documents. Il faut parfois plusieurs mois d'enquête pour faire émerger une vérité plus profonde que les apparences.
D'autres Grands dossiers suivront.
Mon ambition n'est pas simplement d'écrire des articles.
J'aimerais, modestement, contribuer à construire une mémoire du Burundi et des Grands Lacs : une mémoire documentée, exigeante, accessible, qui puisse être relue dans cinq ans, dans dix ans, et qui aide à comprendre notre époque.
Car un pays qui oublie son histoire s'expose à la revivre.
J'espère que ces Carnets nourrissent votre réflexion et votre compréhension du Burundi et de la région.
Je voudrais aujourd'hui vous proposer d'aller plus loin.
Les enquêtes que vous lisez, certains encore gratuitement, existent parce que des lecteurs ont choisi de les soutenir. En devenant abonné, vous accédez à l'intégralité des dossiers et, surtout, vous donnez à ce travail les moyens de continuer — avec l'indépendance et le temps qu'exigent les enquêtes sérieuses.
Mais il y a une autre dimension qui me tient particulièrement à cœur.
Un lecteur de la diaspora en invite un autre au Burundi.
En vous abonnant, vous pouvez parrainer un(e) compatriote de votre choix vivant au Burundi : un ami, un étudiant, un enseignant, un membre de votre famille.
Ainsi, votre geste ne s'arrête pas à vous-même. Vous transmettez une lecture. Vous partagez une information. Vous élargissez une communauté.
Et peut-être est-ce là la plus belle définition d'une communauté : un lecteur qui en invite un autre.
Quoi que vous décidiez, vous serez toujours chez vous ici. Chez nous. Iwacu.
Avec ma reconnaissance,
Antoine Kaburahe
Contact: antoine@antoinekaburahe.com