Je vois sur les réseaux sociaux des compatriotes s'acharner contre l'arrivée, en 2026, de bonnes vieilles machines à écrire. Avec papier et ruban. Celles que les gens de ma génération ont connues dans leur enfance.
Je m'interroge : et si c'était un choix ? Si nos guides, en visionnaires, avaient délibérément préféré l'Olivetti de notre jeunesse — une grande marque ! — aux MAC, DELL et autres HP ?
Un mot m'est alors venu : l'involution. Le terme est peu usité, un brin barbare, tant nous sommes habitués à l'évolution. Mais pourquoi toujours voir le mal partout ? Nos guides ont peut-être une longueur d'avance. Elle se mesure simplement dans l'autre sens.
Par les temps qui courent, ces machines présentent des avantages certains:
-Mécaniques, elles se moquent des coupures de courant et des délestages.
-Pas de batterie à recharger,
-pas de mise à jour qui plante,
-pas de mot de passe oublié.
Bref, elles sont déjà parfaitement adaptées à nos infrastructures.
Mieux, sans connexion, aucun virus informatique ne peut les infecter. Aucun pirate ne peut s'y introduire à distance. Puisqu'elles serviront à saisir les données des futures cartes d'identité, cette prudence mérite d'être saluée. Pour accéder au système, il faudra au moins entrer dans le bureau.
À l'heure de l'intelligence artificielle, nous faisons donc le pari de l'intelligence mécanique. Le ruban a encore de beaux jours devant lui.
Les autres courent vers l'avenir. Nous, nous y allons à reculons. Avec cet avantage : nous restons connectés au passé.