Les gestes parlent, parfois plus fort que les mots. Les spécialistes du comportement le rappellent volontiers : le « body language » dit souvent ce que les diplomates n’osent pas exprimer. C’est pourquoi, lors de la signature de l’accord de paix à Washington ce 4 décembre, un détail a frappé les observateurs : le président rwandais et son homologue congolais ont soigneusement évité la traditionnelle poignée de main.
Le contraste est saisissant avec d’autres moments historiques. On se souvient de l'image historique de Rabin et Arafat se serrant la main, après la signature le 13 septembre 1993, des Accords d’Oslo, sous le regard radieux de Bill Clinton, ou encore de Frederik de Klerk et Nelson Mandela, des gestes devenus symboles de réconciliation et d’ouverture.

Dans ces instants, la poignée de main servait de sceau moral, donnant chair à la volonté de tourner la page.
Cette fois, entre le président congolais et rwandais, rien de tel. Le protocole a été respecté, les documents signés, mais le geste "rituel" n’est pas venu. Et pour de nombreux observateurs, cette absence en dit long : la méfiance demeure, la paix annoncée semble, pour l’heure, plus contrainte que partagée.
Une paix sans poignée de main ? Qui sait… C’est possible.