Alors que l’attention médiatique est focalisée sur la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, l’inquiétude monte fortement du côté burundais de la frontière. À Cibitoke et Rugombo, la population vit dans la peur d’une extension des combats.
Selon nos sources, au moins trois projectiles sont tombés mardi dernier sur le territoire burundais, sur la sous-colline Gatoke, zone Rukana. Aucun blessé n’a été signalé, mais l’incident a profondément marqué les habitants. « La population vit dans la peur », confirment des témoins.
Depuis le début de la semaine, les habitants de la plaine n’osent plus se rendre aux champs. Des détonations fortes et régulières sont toujours entendues de l’autre côté de la frontière, dans les localités congolaises de Luvungi, Bwegera, Gatogota et Kamanyola, où les affrontements se poursuivent.
La situation sécuritaire a poussé les autorités burundaises à renforcer le dispositif militaire. De nombreux soldats burundais sont déployés tout le long de la rivière Rusizi, tandis que des troupes lourdement armées continuent de traverser vers la RDC.
Selon nos informations, les militaires empruntent un pont provisoire construit par une entreprise chinoise sur la Rusizi, en zone Buganda, commune Bukinanyana.
Par ailleurs, les autorités burundaises ont bloqué le passage aux populations congolaises cherchant à fuir les combats. Plusieurs familles tentaient de traverser la rivière Rusizi.
La frontière burundo-congolaise reste plus fragile que jamais.