Il y a dix ans, jour pour jour, le 12 décembre 2015, des centaines de jeunes Burundais ont été tués dans plusieurs quartiers de Bujumbura.
Bref rappel des faits : dans la nuit du 11 au 12 décembre 2015, vers 3 heures du matin, des tirs éclatent dans la capitale économique. Des groupes armés non identifiés attaquent simultanément quatre camps militaires : le quartier 1 de Ngagara au nord, l'Institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM), la Base Logistique des armées — ces deux derniers situés en zone Musaga au sud — et le camp de la 120ᵉ Brigade de Mujejuru à Jenda (Bujumbura rural), à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la capitale. L'attaque échoue : dès 8 heures du matin, les services de sécurité ont repris le contrôle. S'ensuit une répression féroce dans les quartiers dits "contestataires" du troisième mandat du président Nkurunziza.
Ce 12 décembre m'a conduit à remonter le fil : comment en est-on arrivé là ? Comment la Police Nationale du Burundi, censée incarner l'État républicain issu des Accords d'Arusha, est-elle devenue l'instrument du parti au pouvoir, malgré les soutiens massifs de la communauté internationale ?